NEWSLETTER N°26 - AVRIL 2012
L'Orchestre du Capitole : une double mission
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Dans la fosse, au Théâtre du Capitole, Tugan Sokhiev |
Tugan Sokhiev et l'Orchestre National du Capitole à la Halle aux Grains |
Le mois d'avril rime d'abord avec le répertoire lyrique pour l'Orchestre. Du 13 au 24, il occupe en effet la fosse du Théâtre du Capitole, sous la baguette de Claus Peter Flor, pour la reprise de Madame Butterfly de Puccini dans la mise en scène de Nicolas Joel, avant de retrouver l'Espagnol Jaime Martin à la Halle aux grains, le 27 avril, dans un séduisant programme Kodaly, Tomasi, Mendelssohn.
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Thierry d'Argoubet, délégué général de l'Orchestre : la mission lyrique contribue à la personnalité de l'Orchestre
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Quel est votre point de vue sur la double mission lyrique et symphonique de l'Orchestre ?
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Les musiciens de l'Orchestre ne pourraient d'ailleurs pas à mon avis envisager leur activité dans le seul cadre symphonique. Cette double mission est donc un fait, mais aussi une volonté artistique importante de notre part, qui rejoint l'ambition du directeur artistique du Théâtre du Capitole. Tugan Sokhiev tient-il souvent la baguette à l'Opéra ? T. d'A. : ll dirige entre six et huit ouvrages lyriques au Mariinsky à Saint Pétersbourg, est invité très régulièrement à l'Opéra de Vienne, et il est donc tout naturel qu'il s'investisse chaque année avec ses musiciens dans la fosse du Théâtre du Capitole. On a ainsi pu entendre à Toulouse La Dame de pique et Iolanta de Tchaïkovski, Les fiançailles au couvent de Prokofiev, Tosca de Puccini. Il est convenu qu'il dirige un ouvrage différent à chaque saison du Théâtre du Capitole. Dans un autre domaine, la personnalité de l'orchestre a été saluée lors d'une tournée au Royaume Uni et en Irlande. Comment s'est-elle déroulée ? T. d'A. : Il faut d'abord noter qu'il s'agissait de la toute première tournée de l'Orchestre au Royaume Uni et en Irlande. Le programme des six concerts qui la composaient était intégralement dédié à la musique française avec le Concerto pour violon n° 3 de Saint-Saëns, sous l'archet d'Alina Ibragimova, et la Symphonie fantastique. L'accueil tant du public que de la presse s'est révélé extrêmement positif ; les critiques ont souligné le rapport « phénoménal » de l'Orchestre et de son chef. Le chroniqueur du Guardian, présent au milieu de la tournée,s'est étonné que l'Orchestre ne soit jamais encore venu en Angleterre et a vivement incité ses lecteurs à aller l'écouter avant qu'il ne reparte en France. Il est par ailleurs intéressant de voir comment l'image de l'Orchestre et du directeur musical a magnifiquement évolué durant la tournée. Fort de ce succès, nous avons été réinvités pour la saison 2013-2014. Il n'en a d'ailleurs pas fini avec les tournées cette saison… T. d'A. : En effet, une série de six concerts en Allemagne l'attend du 5 au 11 mai et, après une halte à Paris Salle Pleyel avec le pianiste Jean-Yves Thibaudet en soliste, le 12 mai, Tugan Sokhiev et ses musiciens se lanceront sans attendre dans une tournée de six concerts en Amérique latine qui se déroulera du 15 au 22 mai. Des équipes de France Télévisions se joindront à ce périple latino-américain et les deux concerts au Teatro Colon de Buenos Aires (les 21 et 22 mai) seront diffusés en direct par Medici TV, puis à une date ultérieure, encore à déterminer, sur France Télévision.
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Frédéric Chambert, Directeur artistique du Théâtre du Capitole : une alternance porteuse de qualitéComment s'organisent les relations de l'Orchestre, dont l'activité symphonique est importante, avec la maison d'opéra qu'est le Théâtre du Capitole ? |
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Frédéric CHAMBERT : Il faut rappeler que l'Orchestre du Capitole a été créé au Théâtre du Capitole, et a développé par la suite une mission symphonique. Il s'agit d'un tout. La situation est très éloignée de ce que l'on trouve par exemple à Genève où l'Orchestre de la Suisse Romande, indépendant depuis toujours, a un contrat avec le Grand Théâtre. L'Orchestre du Capitole assume dans son acte de naissance, dans son histoire et son positionnement une double activité lyrique et symphonique. Il est placé sous la responsabilité artistique du directeur musical de l'orchestre pour sa mission symphonique et sous la responsabilité du directeur artistique du Théâtre du Capitole pour sa mission lyrique. Ce qui se traduit par des aménagements délicats du planning, des distributions de musiciens, etc. La situation est complexe mais loin d'être impossible à gérer, nous en donnons la preuve au quotidien. |
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Cela suppose une grande anticipation sur les programmations et une parfaite entente entre les responsables des deux pôles d'activité de l'orchestre, notamment au niveau des directions artistiques et des directions du planning, pour arriver à trouver des solutions à chaque fois que des problèmes de coordination se posent. Comment s'effectue le choix des chefs des productions lyriques ? F.C. : Le règlement, comme la tradition, fait que ce choix revient au directeur artistique du Théâtre pour les productions lyriques comme pour les productions chorégraphiques - car l'Orchestre a aussi, ne l'oublions pas, une mission chorégraphique. Nous avons à cœur avec Tugan Sokhiev de discuter des chefs qui lui paraissent intéressants, qui me paraissent intéressants. Nous définissons un socle commun d'artistes nous paraissant aller dans le même sens. Ensuite il y a des chefs que lui souhaite engager en symphonique et que moi je ne souhaite pas voir diriger au Théâtre du Capitole, même si dans certains cas, ailleurs, ils ont une activité lyrique ; à l'inverse il y a des chefs qui n'entrent pas dans les priorités du directeur musical de l'Orchestre pour le développement de celui-ci et qui me paraissent indispensables pour le bon développement du Théâtre du Capitole, notamment pour conserver la confiance d'artistes lyriques de premier plan. Je cherche a créer une bonne dynamique entre le chef et l'Orchestre, mais aussi à offrir aux chanteurs internationaux qui viennent se produire à Toulouse une baguette qui connaisse tout de la partition et ne les déstabilise pas. Les contraintes sont différentes dans le domaine lyrique. Mes discussions avec Tugan Sokhiev sur ces points relèvent de la concertation intelligente. Comment, du point de vue du résultat musical général, jugez-vous l'alternance entre lyrique et symphonique dans laquelle vit l'Orchestre ? Comment considérez-vous les perspectives offertes par l'augmentation des effectifs de l'Orchestre ? F.C. : C'est un élément très important, qui est d'ailleurs motivé par l'existence de la double mission de l'Orchestre. Les postes ne sont pas encore tous pourvus, mais quand ils le seront cela permettra d'assumer plus facilement une double programmation : avoir en parallèle un opéra et un programme symphonique, l'un et l'autre avec des effectifs cohérents. Par exemple un Britten avec 22 musiciens ou un Rossini avec 48 musiciens au Théâtre et, dans le même temps, un programme avec des symphonies classiques qui ne sont pas trop grosses consommatrices d'effectifs. L'augmentation des effectifs est ce qui rendra possible dans une harmonie plus grande que par le passé la double mission de l'Orchestre et lui évitera de devoir interrompre son activité quand on donne un ouvrage important au Théâtre ou, à l'inverse, d'être obligé de faire sa programmation dans les « trous » de l'Opéra. Car, en matière lyrique, les plannings des chanteurs obligent à programmer à trois, quatre, voire cinq ans, alors qu'en matière symphonique les choses se font très naturellement un peu plus tard, sauf peut-être pour de très grandes tournées.
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Interview de Sandrine Tilly, flûtiste* : « L'alternance entre lyrique et symphonique est une source de renouvellement »
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Comment vivez-vous l'alternance entre symphonique et l'activité au Théâtre du Capitole, qu'il s'agisse de ses contraintes ou de ses aspects positifs ? Sandrine TILLY : Je pense que les contraintes concernent les responsables administratifs de l'Orchestre ; pour les musiciens cette alternance me paraît être une source de renouvellement permanent et permet de ne pas avoir à choisir entre les deux domaines, d'être bon en lyrique comme en symphonique. Je ne vois que des avantages à cette alternance. Je n'aimerais pas du tout n'avoir qu'une activité lyrique et je pense que si j'étais dans un orchestre uniquement symphonique je serais bien, mais j'aime faire un opéra de temps en temps. C'est ce qui se passe à Toulouse. Nous sommes un assez grand nombre de musiciens et je ne participe donc pas à tous les opéras, quand cela se produit c'est un plaisir et une belle expérience. En quoi l'alternance lyrique/symphonique vous enrichit-elle ?
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Depuis que vous êtes à Toulouse, y a-t-il une production lyrique qui vous a plus particulièrement marquée ? S.T. : Il y en a plusieurs, mais si je ne devais en retenir qu'une je pense que ce serait le premier Wagner auquel j'ai participé : La Walkyrie (sous la direction de Pinchas Steinberg). Je pensais détester Wagner, il n'y avait pas grand chose à jouer dans la partition, j'y suis allée en traînant les pieds. Finalement j'ai découvert tout un monde sonore et ça a été une ouverture pour moi.
* Flûte solo au côté de François Laurent, Sandrine Tilly est entrée à l'Orchestre en 1998, après un bref passage à la Philharmonie de Lorraine.
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Yves Sapir, violoniste* et délégué syndical CGT : « la double activité est une richesse pour les musiciens » |
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Quel regard portez-vous sur l'évolution de l'Orchestre depuis que vous en faites partie ? Yves SAPIR : Je pense que pour nos activités lyriques les choses ont finalement peu changé, en revanche sur le plan symphonique une profonde évolution s'est produite. Il faut se souvenir que, quand Michel Plasson est arrivé, il n'y avait pas vraiment un public pour le symphonique à Toulouse. La musique « classique » était principalement concentrée sur l'opéra, le ballet, l'opérette aussi. Michel Plasson a d'abord été, ce que l'on ne sait pas toujours, directeur artistique du Théâtre du Capitole et a développé l'activité symphonique au point de se rendre compte que le Théâtre n'était plus une enceinte suffisante pour ce répertoire. C'est ce qui l'a amené à investir la Halle aux grains. |
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Aujourd'hui les jeunes musiciens recrutés sont depuis longtemps dans un cursus professionnel et d'un niveau technique impressionnant. Michel Plasson a eu un rôle catalyseur dans ce mouvement. Au fil des ans, il a affirmé la personnalité de l'Orchestre autour de la musique française du XIXe et du début du XXe siècle principalement. Comment les choses ont-elles évolué sur le plan de l'activité lyrique ? Y. S. : Il y a eu durant la période où Nicolas Joel était à la tête du Théâtre du Capitole une ouverture sur le répertoire germanique, Wagner et Strauss en particulier. Ce qui par ailleurs a changé, et là c'est aussi le délégué syndical qui parle, c'est que, parce que l'on a abordé des répertoires plus lourds en lyrique mais aussi en symphonique, on s'est parfois retrouvés avec une juxtaposition de tâches qui induisaient une charge de travail beaucoup plus importante et entraînaient des difficultés pour les musiciens à faire face physiquement à cette situation. La question de la coordination des deux missions de l'Orchestre s'est donc posée et ça a été l'une des raisons de la décision d'augmenter les effectifs (nous serons125 lorsque les recrutements seront terminés) et d'une refonte du statut des musiciens, afin que ceux-ci ne soient pas victimes de leur propre succès. Du point de vue musical, comment jugez-vous l'alternance entre lyrique et symphonique ? Y.S. : Cette double activité est une richesse pour les musiciens. Le lyrique c'est l'écoute, la souplesse, la possibilité de s'adapter à des choses très mobiles ; la réactivité est particulièrement sollicitée. Le symphonique requiert pour sa part une exigence technique souvent supérieure. Il y a une complémentarité entre les deux et les membres de l'Orchestre sont attachés à cette double mission.
* Yves Sapir est membre de l'orchestre depuis 1983.
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PratiqueBilleterie en ligneOn peut acheter ses billets en ligne
Tous les concerts pour les moins de 27 ans au tarif unique de 5 € :Pour les moins de 27 ans, tous les concerts de l'Orchestre sont désormais accessibles, dans la limite des places disponibles, au tarif unique de 5 euros. On peut acheter son billet au guichet de la Halle aux grains ou le réserver en ligne. ContactsService location : Direction artistique et administrative : Courriel : onct@mairie-toulouse.fr
Crédits photosJaime Martin © Gabriel Quintana
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Quizz du moisLa Symphonie du tiers monde d'Henri Tomasi est dédiée à la mémoire d'un grand compositeur français. S'agit-il de :
Retournez votre réponse avec votre adresse postale à quizzorchestre@capitole.toulouse.fr Les 10 premières bonnes réponses gagnent un jeu de cartes postales de la campagne de communication de l'orchestre du Capitole. |
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Prochain concert
RAVEL , MANTOVANI , SCHMITT
Alain Altinoglu / direction
François-Frédéric Guy / piano
Varduhi Yeritsyan / piano
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Jaime Martin
Fabrice Millischer







